Paint Ball World
Genoux à terre, se vidant de son sang par les multiples blessures qu'il venait de recevoir, sa respiration devenait de plus en plus difficile et il ne sentait déjà plus son corps. La douleur semblait disparaitre, alors que son regard perdait peu à peu de sa vitalité. Il jeta un dernier regard à sa droite puis à sa gauche, apercevant les corps de ses amis qui l'avaient précédé dans la mort. Il n'aurait jamais pu imaginer, même dans ses pires cauchemars, ce qui venait de se dérouler il y a quelques minutes de cela. Il entendit des pas s'approcher de lui, puis un rire qui le firent bouillonner intérieurement. Quelqu'un semblait lui parler, mais la voix était trop lointaine pour qu'il puisse comprendre ce qu'elle disait. Il avait une étrange sensation sur le visage, une sensation de chaleur qui semblait lui couler sur sa joue gauche. Ce fut la dernière chose qu'il put ressentir.
_ Nous voilà de nouveau face à face mon ami.
_ Une fois de plus...
_ Une fois de trop.
_ Qu'est-ce que tu sous-entends ?
_ A toi de le deviner...
_ Ainsi donc, tu abandonnes si facilement...
_ Qui a dit qu'il s'agit d'abandonner.
Chapitre 1 : Le nouveau monde
Dans une petite pièce, où étaient disposées plusieurs tables et chaises en cercle, des dizaines d'enfants de tout âge étaient en train de s'amuser à des jeux divers. Filles et garçons étaient mélangés, et les plus vieux d'entre eux, qui devaient avoir un peu moins de dix-sept ans, veillaient sur eux avec une grande attention. La pièce, malgré sa petite taille, était très propre, avec de magnifiques murs blancs, dont les enfants avaient dessiné par-dessus. Il y avait également au fond de la pièce une petite bibliothèque et divers coffres à jouets. Les enfants ne manquaient de rien pour s'amuser et étudier.
_ Bon, les enfants ! Le cours commence ! Veuillez vous rassoir !, s'exclama un homme d'une trentaine d'années, entrant dans la pièce, portant à bout de bras une grosse caisse dont le contenu était caché par une vieille couverte
Les enfants se précipitèrent à leur place, et l'on pouvait voir un certain empressement ans leurs yeux. Ils semblaient tous être très impatients d'étudier et d'écouter leur professeur.
Bon, je vois que tout le monde se souvient de quoi nous allons parler aujourd'hui ... mais, il s'agit d'un sujet très sérieux que je souhaite aborder avec vous, dit le professeur en déposant le carton sur son grand bureau, où étaient disposés des stylos et quelques devoirs rendus en retard. Je peux voir l'empressement dans vos yeux, mais sachez que la Grande Guerre n'est pas quelque chose d'amusant...
_ Monsieur ! C'est durant la Grande Guerre que vous avez eu ça ?, demanda un enfant d'une dizaine d'années en levant vivement le bras.
_ Oui et non, répondit le professeur en mettant sa main sur le cache-oeil qu'il portait. Donc, qui peut me dire ce qu'est la Grande Guerre ?
Il y avait plus de dix ans de cela, eut lieu ce que l'on nommait à présent la Grande Guerre. Seuls les plus anciens connaissaient encore les raisons de cette terrible guerre, qui décima plus de 87% de la population mondiale ; mais ceux-ci faisaient de leur mieux pour que la mémoire de la guerre reste dans les esprits des plus jeunes, afin d'éviter que l'homme ne redevienne cette bête sauvage qu'il avait été. Lorsque la guerre prit fin, il ne restait plus que les jeunes de moins de treize ans, les personnes de plus de cinquante ans et autres personnes, qui pour diverses raisons médicales, n'avaient pas pu se battre. Il y avait eu quelques rares soldats survivants de la Grande Guerre, derniers vestiges vivants de ce qu'était l'homme avant la fin de la guerre. Mais la civilisation humaine n'avait pas disparu pour autant, elle avait simplement perdu de sa vigueur d'antan. Le reste de la population mondiale s'était réuni dans un seul et unique territoire, sur l'ancien continent européen, que l'on nommait à présent : La Ville. Ici, sur des centaines de kilomètres 85% de la population mondiale travaillait ensemble pour reconstruire la civilisation humaine. Le reste de la population vivait dans diverses petites villes dispersaient dans le monde, fournissant divers produits nécessaires pour la Ville.
L'argent était un concept qui avait totalement disparu, ainsi que le concept même de violence. La civilisation humaine qui se construisait, était une civilisation de paix, respectant la nature, les animaux et les hommes. Malgré tout, il restait dans le cœur des hommes une part de violence et de haine ; et pour faire la faire disparaître, on organisait tous les ans, depuis plus de huit ans, un grand tournoi où les combattants s'affrontaient dans des matchs de paint ball, on appelait ça : la PAINT BALL WORLD. Mais cela ne semblait pas suffire pour endiguer le mal, c'est pour cela que l'on décida de remplacer les billes de peinture par des balles et les armes de mousses par des armes blanches ; il ne restait plus que le long d'origine à ce tournoi. Le PAINT BALL WORLD était d'une violence telle, qu'à la fin des différents matchs, il ne restait souvent plus aucun participant en vie. La violence absorbait la violence, faisant qu'il n'y avait aucun crime de commis depuis sa création. Le grand champion, invaincu depuis le commencement de ce jeu, était considéré comme un Dieu vivant, apportant la paix en ce monde : il empêchait le chaos et le désespoir de venir détruire cette nouvelle civilisation humaine.
Très bien, tu peux te rassoir... même si je dois reconnaître que la dernière partie n'est pas tout à fait en accord avec mes convictions, dit le professeur en souriant à son élève qui était fière de répéter ce qu’on lui enseignait durant son cours de moral et de citoyenneté. Nous sommes en cours d'histoire, donc restons très historiques dans les faits, voulez-vous. Qui peut me parler de la bataille des Grandes Plaines, celle qui marqua la fin de la Grande Guerre.
La défaite de la bataille d'Okinawa, qui avait fait près de deux millions des morts côté humain, et presque autant chez les Atlantes, marqua le début d'une série de défaites qui fit perdre l'Asie et l'ensemble du continent américain. Les armées Atlantes ne faisaient aucun prisonnier, exterminant la population sur leur passage ; sachant la fin venir, les gouvernements mondiaux évacuèrent le maximum de civil vers le continent européen, avant de détruire l'ensemble du continent dans une pluie de missiles nucléaires, alors que les deux armées s'affrontaient ; faisant descendre le niveau des océans et des mers de plusieurs dizaines de centimètres dans cet acte désespérer. Le continent était redevenu avec le temps, une zone totalement sauvage où la nature avait repris son droit ; et où les effets désastreux du nucléaire avaient créé un environnement monstrueux, hostile à toutes vies. Mais la guerre ne se termina pas pour autant, la dernière bataille fut celle qui se déroula dans les plaines enneigées de Sibérie, d'où naquit l'appellation de : Bataille des Grandes Plaines. Ici, les deux armées se livrèrent un combat où les milliards de soldats des deux camps s'entretuèrent dans une sauvagerie sans égale. La fumée que dégagèrent les diverses explosions fit disparaître la lumière du soleil, faisant sombrer l'ensemble du territoire dans une nuit sans fin. Mais après plus de deux semaines de combats intenses, où la victoire ne semblait acquise pour aucun des camps, le soleil réapparu à l'aube du 19 jours, laissant apparaître un paysage de mort et de chaos, où les quelques survivants des deux camps virent avec effroi le résultat final de cette guerre. Et dans un silence profond, reprenant enfin leur esprit avec les premiers rayons du soleil, ils repartirent tous d'où ils étaient venus. Depuis ce jour, la zone des Grandes Plaines marquait la frontière entre les deux camps ; mais l'idée même de frontières et de séparation semblait disparaître elle aussi.
Les Atlantes, qui n'étaient plus que quelques milliers à présent et avaient dû quitter leur immense cité sous-marine pour vivre sur la terre ferme, sur les territoires qu'ils avaient conquis en Asie. La raison de cette migration restait encore un mystère, mais il semblait que les citoyens Atlantes avaient également eux aussi décidé d'en finir avec leur ancienne civilisation et d'en bâtir une nouvelle. Les deux camps n'avaient plus aucune animosité entre eux, et avec le temps, ils commençaient à apprendre et à comprendre l'autre, acceptant ses différences et sa nature. Les échanges de technologie se développaient de plus en plus, ainsi que les échanges culturels, faisant rentrer le monde dans une nouvelle ère d'acceptation de la différence et de l'Autre : un Nouveau Monde était en train de naître.
Très très bien ! Je vois que vous apprenez tous très bien vos cours, dit le professeur fier de voir que les nouvelles générations étaient bien meilleures, et bien plus humain, qu'il ne l'avait été lui-même à leur âge.
Le professeur retira la couverture de dessus le carton, laissant apparaître différentes reliques de cette guerre. Les enfants se levèrent de leur chaise pour pouvoir mieux voir, empressaient de contempler ces artefacts.
_ Du calme, je vais les faire passer.
Doucement, il sortit un vieil uniforme déchiré à plusieurs endroits, ainsi que des décorations militaires. Les enfants semblaient hypnotisés par les médailles, ne prêtant plus attention à leur professeur qui continuait de leur parler des méfaits qui pouvaient naître dans la future nation humaine s'ils ne faisaient pas attention à entretenir leurs pensées.
Il semble bien que je parle dans le vide... enfin, je m'en doutais un peu.
_ Monsieur ! Il était à vous cet uniforme !, s'exclama un enfant fou de joie et ne tenant plus en place.
_ Alors, c'est vrai vous avez fait la Grande Guerre !, s'exclama un autre enfant en se mettant debout sur sa chaise pour voir ce que pouvait contenir encore le carton.
_ Vous étiez présent lors de la bataille des Grandes Plaines !
_ Vous avez tué beaucoup de monde !
_ Vous avez été blessé gravement !
Accablait de questions, le professeur d'histoire demanda le silence et le calme. Les enfants obéirent dans la seconde, impatients d'entendre l'histoire de leur professeur. Il donna l'uniforme à un enfant, et distribua les médailles à d'autres.
_ Je veux que vous leviez la main, en silence, et une fois que vous avez reçu mon autorisation, vous posez votre question. Une fois que vous avez fini de regarder, faites passer l'artefact que vous avez à votre voisin de droite. Pour répondre à vos questions... Oui, j'étais soldat et oui, j'ai participé à la Grande Guerre.
Les enfants, regardaient leur professeur avec de grands yeux, attendant la suite de son histoire.
J'ai pris par à mon premier combat je n'avais alors pas plus de dix-huit ans. La guerre change les hommes, ainsi que leur cœur. J'ai peu à peu, moi aussi, commencé à devenir une bête sauvage, abandonnant mon humanité pour laisser la haine s'emparer de mon âme.
_ Monsieur, il était à vous cet uniforme ?
_ Oui, il était à moi. Ainsi que toutes les affaires que vous avez entre les mains.
Le professeur sortit alors du carton ce qui semblait être un vieil appareil électronique, qui semblait pourtant toujours en état de fonctionner malgré les diverses marques d'impacts qu'il avait sur sa coque extérieure en plastique.
Je pense que tout le monde connaît le nom de cet appareil... même s'il s'agit de l'ancienne version militaire ?
_ Moi je sais ! C'est l'ancêtre de nos S.C. !, s'exclama fièrement une petite fille en se levant de sa chaise.
_ Oui, les SC trouvent leur origine dans ce petit appareil que l'on nommait vulgairement : génialisime ; et la dénomination SC provient en faite du nom scientifique de cet appareil : Système de Communication et d'armement 113 ou SC - 113. Il évolua jusqu'à sa version 119, qui est quasiment la même que celle que vous possédaient tous.
_ Monsieur...
_ Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
_ Vous ne nous mentez pas ? Ce n'est pas des histoires que vous nous racontez là ?, demanda le plus âgé de ses élèves.
_ Pourquoi cette question ?, demanda le professeur intrigué par la question de l'élève.
_ À cause de l'uniforme et des décorations...
_ J'aurais dû me douter que tu gardais des souvenirs de la Grande Guerre ... assez précis à ce que je vois ?
Les autres élèves ne comprenaient pas ce que voulez dire leur camarade et encore moins leur professeur.
Je t'en prie, n'est pas peur de parler... cette époque est bien lointaine et tu ne risques absolument rien en partageant ton savoir avec les autres. Je ne suis plus que votre professeur d'histoire, dit l'enseignant en souriant.
_ J'avais tout juste huit ans lorsque la guerre prit fin... mais je me rappel très bien des divers reportages qu'il y avait à la télé, dit le jeune homme hésitant, ne savant pas très bien comment expliquer ce qu'il avait sur le cœur.
_ Continue, je ne vais pas te manger.
_ Les médailles... vous en possédez vraiment beaucoup, monsieur...
_ Je pense que tu peux même être un peu plus précis. Tu es quelqu'un de très intelligent pour te souvenir de tels détails... même les plus vieux ne savent plus la signification de celle-ci. Seuls les anciens combats pourraient encore savoir ça...
_ J'avais appris par cœur à les reconnaître... pensant que mon père et ma mère reviendraient couverts de médailles...
_ Et ils ne sont jamais revenus comme tous les autres...
_ Oui...
Le silence qui planait dans la salle avait attiré d'autres élèves, ainsi que leur professeur et le chef de l'établissement scolaire qui n'avaient pas manqué une minute de la conversation.
Mais monsieur ! Je ne veux pas vous ...
_ Ne t'inquiète pas cela va faire des années que toute la ville est au courant. Ce n'est un secret pour personne. Alors peux-tu me dire le nom de ces médailles.
_ Médaille du courage pour avoir combattu lors de la bataille d'Okinawa ; Médaille d'honneur pour avoir survécu à cette même bataille.
_ Celles-ci ?
_ Médaille d'honneur pour avoir combattu lors de la campagne d'Asie ; Médaille du mérite pour actes héroïques durant cette même bataille ; Médaille de la bravoure et de l'espoir pour avoir combattu et survécu à la campagne des Amériques ; Croix d'honneur pour acte héroïque envers la population civile ; Croix de l'humanité pour avoir participé à la bataille des Grandes Plaines.
_ On aurait dû peut-être commencer par celles-ci. Je t'écoute.
_ Médaille de l'espoir pour avoir combattu lors de la première et deuxième bataille de Yûkyô ; Croix l'espoir pour y avoir survécu
_ Et les dernières...
_Médaille pour avoir participé à la deuxième bataille de Waterworld ; Médaille de la l'humanité remise pour actes héroïques durant cette bataille et enfin Légion des Héros de l'humanité pour les différents actes durant la Grande Guerre.
Les enfants, ainsi que les adultes n'en revenaient pas. Tout le monde se doutait qu'il avait participé à la Grande Guerre, mais pas qu'il en était en héros. Les quelques héros encore en vie de la guerre s'étaient dispersés dans les quatre coins du monde, selon les rumeurs, pour construire la nouvelle civilisation humaine. Mais personne dans cette petite ville ne pouvait se douter que le simple professeur d'histoire de l'école était l'un de ces héros d'antan.
_ Et je pense que tu te doutes tu grade que j'avais à l'époque, ainsi que mon affection ...
_ Je ne peux pas dire votre grade ni votre affection. Mais le nom de votre unité grâce à l'insigne de division sur l'épaule droite
_ Et il s'agit de l'insigne de quelle unité ?
_ Celle du S.A.C. 1, celle du Démon à l'œil vert.
Chapitre 2 : Le retour des héros
Un hurlement général se fit entendre dans l'établissement lorsque l'élève annonça l'unité du professeur d'histoire. L'unité S.A.C. 1 était connue de tous, car selon la tradition, c'est l'un de ses chefs qui avait déclenché la Grande Guerre par son ignorance et qui avait entraîné le monde dans cette folie destructrice. Personne ne savait à quoi il ressemblait, mais la seule particularité qu'il avait, était qu'il portait un cache-œil pour cacher une vieille blessure qu'il avait reçue. Alors que tous les enfants commençaient à paniquer, le professeur arracha son cache-œil d'un geste, montrant à tous qu'il n'avait aucune blessure à son œil. Les enfants se calmèrent peu à peu, ainsi que le personnel de l'école présent.
_ Calmez-vous ! Voulez-vous !
_ Mais pourquoi vous portez un cache-œil ...Monsieur, dit une élève encore toute tremblante, le cœur battant à sang à l'heure.
_ Tous les survivants de la Guerre porte un cache-œil, pour que le monstre qui est en nous ne se réveil jamais. Il ne s'agit pas de cache-œil ordinaire, à l'intérieur se trouve un petit appareil qui empêche d'utiliser notre mutation.
Un soupir de soulagement se propagea, certains même se mirent à rire.
_ Il ne fallait pas s'énerver pour si peu, dit le professeur souriant ; remettant son cache-œil en place. C'est la dernière invention en lien avec la guerre que l'humanité est construire, afin que chaque soldat ayant survécu puisse retrouver une vie normale, comme tous les autres survivants. Sur ce, nous nous retrouverons mardi pour notre prochain cours, nous parlerons plus en détail de la fin de la Grande Guerre. D'ici là, faites attention à vous, et passez un bon week-end.
La cloche de l'établissement retentit quelques secondes après, et le personnel ainsi que les élèves rangèrent leurs affaires avant de partir. Le professeur d'histoire rangea tranquillement ses affaires, alors que la directrice de l'établissement, se félicitait d'avoir dans son établissement un héros de guerre. Lui, ne lui répondit que par un sourire ; lui affirma qu'il n'était plus qu'un homme comme les autres. Une fois l'ensemble de ses affaires remis dans le carton, il le prit sous le bras, avant d'éteindre les lumières de la salle de cours ; fermant la porte derrière lui. Il salua ses collègues qui rentraient chez eux, les imitant après avoir déposé quelques copies sur son bureau. Toujours avec son carton sous le bras, il sortit du bureau des professeurs en dernier ; saluant le gardien qui fermait les portes de l'école. Comme à son habitude, il ne rentra pas directement chez lui en ce début de week-end, se dirigeant vers la taverne de la ville pour y boire une bière.
En ce début de soirée, celle-ci était pratiquement vide ; mis à part les quelques habitués et une mère avec son enfant en train de souper près de la cheminée en pierre, ainsi qu'un voyageur, sans aucun doute un chercheur d'artefact qui buvait tranquillement un verre de jus de fruit.
_ Alors le héros ! Je te sers une une mousseuse comme à ton habitude ! s'exclama le tavernier en voyant le professeur s'assoir au comptoir.
_ Oui, et une petite assiette de ton plat du jour avec, s'il te plaît !
_ Aujourd'hui je t'offre la première, dit-il en déposant devant le professeur une pinte de bière.
_ Je vois que les bruits courent vite, répondit l'enseignant en buvant une gorgée de la boisson. Mais n'oubliez pas que je ne suis que le professeur d'histoire de notre petite école. D'ailleurs, il semble que notre Champion continue à battre des records, ajouta-t-il en fixant à présent la télévision posée au-dessus d'une étagère en face de lui.
_ Oui. Cette fois-ci le terrain se composait de deux bases opposées l’une à l’autre, d’un mirador, de plusieurs auteurs, de deux tourelles et d’arbres de toutes sortes. Mais nous n'avons raté rien du combat grâce au nouveau système de vidéos et de caméras. Grâce à cela, nous avons pu vivre en direct et dans le cœur de l'action sa deux cent quatre-vingt-quinzième victoire !
_ Et bien, gloire à lui !, dit-il en en levant son verre tout en grimaçant en entendant les dits du tavernier.
_ Et bien, je vois que vous ne semblez pas être très fervent de notre Champion, dit le voyageur dont le visage était caché par la capuche de son par dessus, sans quitter des yeux son verre à présent vide.
_ Vous savez l'étranger, il a connu l'horreur de la Grande Guerre notre héros. Donc, c'est normal pour lui d'avoir de l'animosité envers toute forme de violence, même si c'est grâce au PAINT BALL WORLD que notre civilisation est en train de connaître un âge de prospérité sans égal, dit le tavernier en ramassant l'argent que venait de déposer le client sur le comptoir. Je vous ressers la même ?
_ Non, quelque chose de plus fort...
_ Un whisky ?
_ Non, un saké si vous en avez ?
_ L'étranger est un fin connaisseur à ce que je vois.
_ Non, juste un nostalgique.
Le professeur tourna la tête et regarda lentement de haut en bas le voyageur.
Et servez-le même à notre héros, ainsi qu'à vos deux autres clients en train de manger.
_ Je vois que monsieur à les moyens d'offrir une petite tournée, dit le héros de guerre en regardant à présent la mère et son enfant, dont les visages étaient à peine visibles à cause de l'ombre de la cheminée encore éteinte.
Le tavernier servit un petit verre de saké à ses quatre clients, respectant à la lettre les consignes du voyageur. Le professeur regarda son verre, avant de l'avaler cul sec.
Patron, vous devriez fermer plus tôt ce soir..., dit-il en lançant un regard noir au propriétaire de la taverne, tout en glissant lentement sa main dans le carton se trouvant à côté de lui. Nous devons parler en tête à tête tous les quatre... si tu vois ce que je veux dire, continua-t-il en enlevant à l'aide de son autre main son cache-œil, le jetant par terre.
Sans demander le pourquoi, le tavernier demanda à ses clients de sortir avant de sortir à son tour, inquiet de la tournure que prenait la situation. La mère et son enfant, se levèrent à leur tour, restant dans l'ombre de la cheminée, alors que le voyageur faisait face au professeur d'histoire de la ville à présent.
Alors, la question qui se pose est : qui êtes-vous ? Et j'espère pour vous que vous sachez ce que vous faites parce que moi oui, s'exclama l'ancien militaire dont les yeux étaient à présent verts.
_ Tu ne pourrais même pas faire le poids face à un seul soldat, dans l'état où tu es.
_ C'est vrai que j'ai peut-être perdu la main, mais c'est comme le vélo, on n'oublie pas si facilement comment tuer... et vous n'avez pas payé votre droit de passage pour vous rendre dans les Grandes Plaines !
Le voyageur se mit à rire en entendant la tirade du professeur d'histoire.
_ Allez range donc ton arme !, s'exclama l'inconnu en commençant à baisser sa capuche, laissant voir son visage.
_ Et ben ça alors, pour une surprise ! Moi qui étais déjà en train de me voir te découper en fines lamelles, dit le professeur en sortant sa main du carton, souriant, les yeux revenant à sa couleur d'origine. Julien ! Qu'est-ce que tu viens faire ici ! En mode SDF de surcroît !
_ Et bien, je pense que nous avons de nombreuses choses à te dire, dit Julien en serrant dans ses bras son vieux camarade.
_ A qui le dis tu ! Mais, alors ... c'est qui les deux vicieux qui se cachent encore ?
_ D'autres vieilles connaissances à toi, rétorqua la femme, laissant à son tour apparaître son visage au grand jour.
_ Et ben ça alors ! Je n'aurais jamais pu imaginer un jour te revoir, Claire...
_ Moi non plus, Hugues. Moi non plus.
Environ quinze années s'étaient écoulées depuis la dernière rencontre de Hugues et Claire, et plus de dix ans depuis la dernière fois où il serra la main de son ami. Claire était devenue une magnifique jeune femme aux cheveux mi-longs, avec quelques reflets verts, ne laissant pas Hugues indifférent à sa vue. S'aidant d'une canne pour se déplacer, elle semblait être à court de souffle à chacun de ses pas. Les traits de son visage étaient d'une rare finesse, faisant difficilement croire aux gens qui la rencontré qu'elle avait plus de trente ans. Julien aussi ne faisait pas son âge, même si sa carrure en disait toute autre chose. Sous ses vêtements poussiéreux, se dissimulait une carrure assez impressionnante, celle d'un ancien militaire ayant combattu dans des conditions extrêmes. Hugues, non plus, n'en était pas tout aussi impressionnant. Sous sa chemise bleue et sa cravate se dissimulait le corps d'une parfaite athlète de sport, n'ayant rien perdu de son physique d'antan. Tout eux avait également de nombreuses cicatrices sur tout le corps, les dissimulant du mieux qu'ils pouvaient afin d'éviter d'être trop facilement reconnu.
Claire s'approcha doucement de Hugues. Et lorsqu'elle arriva à son niveau, le regarda droit dans les yeux avant de l'enlacer. Ils avaient su se pardonner avec le temps, bien plus encore, ils avaient su faire la paix avec eux-mêmes et les différents évènements qui avaient eux lieu depuis cette époque lointaine.
_ Et bien, ça a bien poussé depuis le temps, dit Hugues en souriant alors que Claire l'enlaçait.
_ Petit pervers, répondit-elle en lui donnant une petite tape sur l'épaule.
_ C'est pas de ma faute, mais de la leur. Mais malgré tout, je me doute qu'il ne s'agit pas d'une visite de courtoisie...
_ Nous sommes venus le chercher, s'exclama le jeune homme assis près du feu.
Hugues regarda de nouveau le jeune homme, qui ne se souciait guère de lui, finissant son assiette tranquillement.
_ Ce dédain de toutes choses, cette haine et cette colère qui se dégagent de tes paroles... pourquoi l'avez-vous amené ici !, dit Hugues en braquant son arme sur la silhouette.
_ Il est avec nous. Baisse ton arme, dit Julien en voyant que son ami se laissait entraîné par sa colère.
_ Il y a des choses que j'ai su pardonner, d'autres que j'ai accepté... mais il y en a d'autres que je ne suis pas près d'oublier !
_ Tu as toujours la langue bien pendue pour un demi-sang froid !, rétorqua le jeune homme en se levant d'un bond pour faire face à Hugues qui s'approchait de lui d'un air plus que menaçant.
_ Et toi tu as du culot pour venir jusqu'ici ! Après tout le merdier dont tu es responsable !
Claire s'interposa entre eux, fusillant du regard le plus jeune des deux qui avait fait glisser sa main sous son par-dessus, dans un crissement sourd de métal s'entre frottant.
Je n'oublierais jamais que tu es responsable de la quasi-destruction de notre monde, Heos !, s'exclama Hugues en braquant toujours l'Atlante se trouvant juste derrière Claire.
_ Baisse ton arme Hugues !, s'exclama à son tour Claire en séparant les deux ennemies de plusieurs mètres à l'aide de son pouvoir de télékinésie.
Quelques secondes après qu'elle est utilisé ses pouvoirs, Claire se mit à avoir le souffle court, puis s'écroula par terre ; toussant du sang et semblant peu à peu suffoquer. Heos se précipita vers en direction de Claire, la rattrapant avant qu'elle ne tombe par terre. Julien se précipita à son tour vers Claire, sortant une petite fiole d'une de ses poches et lui faisant boire le contenu. Hugues rengaina son pistolet, alla se rassoir tranquillement au bar, se servant un grand verre de saké.
_ Je sens que ça va être gai, dit-il avant de boire cul sec le verre d'alcool japonais.
Chapitre 3 : Souvenirs des anciens
Hugues, toujours assis au bar, était en train de se resservir un sixième verre de saké, qu'il but si tôt servi. Il regardait dans son cache-œil, qu'il avait ramassé par terre peu de temps avant. Sans prêter attention à ce qui se passait autour de lui, il commença à se remémorer la Grande Guerre, et tout ce qu'il avait vécu. Il avait combattu sur tous les fronts, avait été de toutes les batailles, sans jamais abandonner son ambition de stopper cette guerre monstrueuse. Peut-être que stopper la guerre en faisant la guerre n'était pas une très bonne idée, mais c'était sans doute la seule possibilité qui s'était offerte à eux. Il avait vu les pires horreurs qu'un homme ne puisse imaginer, il avait fait les pires choses qu'un être humain puisse faire, jusqu'à renier son humanité pour pouvoir survivre à cette guerre.
_ On en a vécu des choses... et pas des jolies, dit-il en ne quittant pas des yeux le cache-œil.
_ Certaines choses étaient inéluctables, dit Julien en s'asseyant sur le tabouret à côté de Hugues.
_ Faire la guerre pour stopper la guerre... quelle idée on a eu, dit l'ancien militaire en se servant un autre verre d'alcool.
_ Une idée qui a que trop bien fonctionné, dit son ami en souriant et lui retirant son verre de la main. Tu devrais te calmer sur la boisson si tu veux mon avis.
_ Elle ne s'en est jamais remis..., dit-il en regardant Claire reprendre peu à peu son souffle, avec à ses côtés Heos qui lançait un regard haineux à Hugues.
_ Non. Et si elle n'est pas morte depuis le temps, c'est simplement dû à sa hargne de vivre. Elle a appris à contrôler ses battements de cœur, ce qui lui permet de vivre une existence normale sans pour autant être en danger de mort... mais lorsqu'elle utilise ses pouvoirs, son cœur s'emballe et c'est la mort assurée...
_ La petite fiole a l'air pourtant de faire effet ?
_ C'était la dernière. Et malheureusement, ce sérum n'est que d'une efficacité précaire...
_ Et c'est pour ça que nous sommes venus jusqu'ici, dit Heos à haute voix en regardant les deux humains se tourner vers lui. Nous avons traversé ce monde de part et d'autre afin de le retrouver afin de la guérir.
_ Tu ne vas pas me faire croire que tu as quitté ta bulle pour venir en territoire ennemi, au risque de te faire étriper par les sympathisants de la Ville ou bien par tes ex-serviteurs... Pas toi ! Pas celui qui a déclenché cette guerre !, rétorqua Hugues en se levant de son tabouret.
_ Hugues, laisse-le. Il dit vrai..., dit Julien en mettant sa main sur l'épaule de son ami afin de l'éviter de s'emporter de nouveau. Cela va faire déjà plusieurs années que nous parcourons ensemble ce qui reste de l'Ancien Monde afin de le retrouver... et il semble que notre quête touche à sa fin.
_ Bon nombre d'agents de la Ville sont passés par ici ; et aucun n'est jamais revenu des Grandes Plaines, dit Hugues en prenant son carton et quittant la pièce. Je ne sais pas ce qui se trouve là-bas... mais tu as intérêt à être prêt à affronter le pire.
_ Si tu crois me faire peur !
_ C'est juste un petit avertissement... parce que je ne ferais rien durant notre petite balade pour te sauver les miches, dit le professeur en ouvrant la porte, faisant signe au tavernier qui attendait juste devant la porte de son établissement, qu'il n'y avait plus rien à craindre et qu'il pouvait reprendre ses activités.
_ De tous, il est celui qui hésita le moins à abaisser son arme pour prendre la vie des miens !
_ Mais c'est également celui qui comprit le mieux les tiens, dit Julien en aidant Claire à se lever.
_ Hugues est peut être farouche, mais c'est quelqu'un de juste et qui ne recule devant rien pour ses amis... sinon, comment expliquer sa présence ici, dit Claire qui semblait être de nouveau en mesure de marcher. Sans compter qu'il détestait l'histoire et encore plus les enfants, continu-t-elle avant de marcher doucement pour suivre son ancien camarade de lycée.
_ Tu devrais garder ton bras sous ton par dessus si tu ne veux pas avoir de problème avec lui, dit Julien en invitant Heos à le suivre.
_ Ne dis pas de bêtise, il est incapable de faire quoi que ce soit. Il a porté depuis trop longtemps son catalyseur pour être capable ne se serait ce que de m'effleurer, rétorqua le jeune homme en continuant de dissimuler son bras droit.
_ Peut être, mais il n'en reste pas moins celui qui stoppa net ta garde personnelle lors de la bataille des Grandes Plaines... et tout seul.
Les trois compagnons de route quittèrent à leur tour la taverne, suivant le professeur d'histoire de la ville qui se rendait chez lui. Tout comme la plupart des habitants de cette ville, Hugues habitait une petite maison en bois, tout près de son lieu de travail. Se composant d'une seule grande pièce servant de cuisine et de chambre, avec peu de meubles, l'intérieur de la maison était très propre. Allumant plusieurs lampes à huile à l'aide d'un vieux briquet, il sortit une bouteille d'alcool caché sous son lit, retirant le bouchon avec les dents avant de boire une grosse gorgée ; alors qu'il s'allongeait de son entier sur son lit, dans un petit grincement aigu.
_ Prenez place ! C'est sûr que c'est bien plus rupestre que mon manoir familial... mais on s'y fait à la longue. Sauf en hiver où il fait vraiment très froid !, dit Hugues en voyant les trois voyageurs entrer chez lui. Et ferme la porte derrière toi junior !
Se levant de son lit pour laisser sa place à Claire, il prit une chaise pour s'asseoir près de la table, alors que Julien prenait lui aussi place près de la table et que Heos aidait Claire à s'allonger dans le lit.
_ Tu es vraiment dans un triste état ma vieille...
_ Ne lui ..
_ Calme-toi Heos ! Et malheureusement, mon état ne cesse de s'aggraver... mon cœur vieillit, et ma blessure me fait de plus en plus souffrir.
_ Et la fiole ? Et comment ça se fait que vous voyagez ensemble ?
_ Lorsque la guerre a pris fin et que nous avons décidé de nous séparer, je suis partie à la recherche de survivants dans le monde afin de les aider... et voici que je tombe sur Claire, escortée par Heos alors que j'étais dans les territoires en bordure l'ancien océan Indien. Drôle de hasard, que celui-ci.
_ Avec la fin de la guerre et la défaite commune des deux camps, Heos a perdu sa couronne et la confiance de son peuple, dit Claire en commençant à somnoler. Les Atlantes ont grandement souffert de cette guerre, bien plus que les humains. Les survivants décidèrent de renier leur prince et de partir vivre sur la terre ferme, fonder une nouvelle cité. La cité sous-marine Atlante n'est plus qu'un immense complexe fantôme où quelques centaines d'Atlantes vivent encore...
Claire venait de s'endormir, la fatigue du voyage, mais également le puissant calmant contenu dans la fiole venait de la faire sombrer dans un profond sommeil. Heos prit la couverture au pied du lit, et la couvrit avec.
_ Cette guerre m'a tout pris, et je compte bien protéger le peu qu'il me reste..., dit l'Atlante en se dirigeant doucement vers la porte.
_ Assis toi... nous n'avons pas fini notre conversation gamin, dit Hugues en lui faisant signe de s'assoir sur la dernière chaise vide autour de la table. Heos le regarda avec un air de mépris, mais obéit à l'humain.
_ Je ne suis pas idiot. Même si ton objectif premier était de trouver un remède pour soigner Claire et lui éviter de mourir... j'ai bien vu ton regard lorsque le Paint Ball World passa à la TV.
_ Il n'y a pas à dire, tu es un grand guerrier Hugues... mais rien ni personne ne m'empêchera d'accomplir ce que j'ai a faire.
_ Tu as détruit la moitié du monde, massacré des milliards de vies humaines, mené à sa quasi-extinction ton peuple ... et pourtant tu es toujours obnubilé par la même chose, dit Julien attristé de voir que Heos n'avait toujours pas appris de son erreur.
_ Tu as déclenché cette foutue guerre pour venger de l'espèce humaine d'avoir causé la mort de Rose et ton enfant ! Et tu comptes continuer longtemps ta croisade ?
_ Les apparences ne sont pas ce qu’elles sont, Hugues. Toute cette guerre n'avait pas pour objectif l'extermination de votre race... cette guerre je l'ai mené parce que votre peuple ne m'a jamais remis les responsables de la mort de Rose ! Tu le savais très bien : je ne reculerais devant rien jusqu'à avoir leurs têtes !
_ Toutes ces vies perdues pour pouvoir assoiffer ta vengeance personnelle... tu es exactement comme lui en fin de compte, dit Hugues en finissant de boire la bouteille d'alcool.
_ Ne me compare pas à lui ! Et toi non plus tu ne vaux pas mieux... te terrer loin de la Ville et fermer les yeux sur la réalité ! Moi, au moins, je ne me fuis pas !, rétorqua Heos avant de se lever brusquement de sa chaise et de quitter en silence la maison.
_ Ne le juge pas trop vite Hugues. Il n'est qu'une victime de plus de cette guerre... un homme qui a perdu tout ce qu'il avait de plus cher en ce monde, dit Julien en se levant à son tour de sa chaise, et se dirigeant vers la porte. Je vais le rattraper... pour lui éviter de faire de grosse bêtise.
Julien ouvrit la porte et sortit en silence. Hugues, toujours assis dans sa chaise ne semblait même pas éméché malgré le bon litre d'alcool qui venait de boire.
_ Tu sais Claire, Heos est peut être le roi des imbéciles, mais il loin d'avoir tord, dit Hugues en se levant de sa chaise. Et je suppose que tu as revu toi aussi tes plans...
_ Une fois que nous l'aurons retrouvé, et que j'aurais pleinement l'usage de mes pouvoirs, je me rangerai avec Heos pour venger le meurtre de ma sœur, dit Claire en ouvrant doucement ses yeux.
_ Ces fioles semblent avoir perdu de leur efficacité.
_ En effet... elle m'aide à peine à présent à me calmer.
_ Et depuis combien de temps êtes-vous à sa recherche ?
_ Plus de cinq ans, mais c'est grâce à notre rencontre avec Julien, il y a plus de deux ans à présent, que nous avons eu notre réelle piste sérieuse... et celle-ci nous a mené jusqu'à toi. Les anciens militaires se font de plus en plus rares... encore plus ceux qui continuent de porter leur catalyseur, dit-elle en s'asseyant.
_ J'aurais dû me douter que j'étais l'un des derniers en ce monde à porter encore ce machin..., dit Hugues en ouvrant une grande armoire, avant d'y sortir un vieil étui poussiéreux.
_ Mais tu aurais du savoir que ta présence mettrait la puce à l'oreille à plus d'un, dit Claire en regardant son ancien camarade retirer soigneusement un tissu entourant un étui de sabre.
_ Mais tu aurais du savoir que s'il se trouve dans les Grandes Plaines ce n'est pas par hasard, rétorqua Hugues en sortant de son étui son vieux sabre ; commençant à passer de l'huile sur la lame de l'arme. Je n'aurais jamais cru un jour devoir me resservir de ça...
_ Je croyais que le chemin jusqu'aux Grandes Plaines était sans danger pour les simples voyageurs ?
_ Ce n'est pas pour le voyage que je me prépare... c'est pour ce que l'on va faire après, répondit Hugues aiguisant à présent son arme. Tu devrais te reposer, nous avons une bonne demi-journée de marche demain avant d'arriver à destination ; et il te faudra toutes tes forces pour y arriver.
_ Tu n'as vraiment pas changé depuis tout ce temps, dit Claire en souriant, avant de s'allonger de nouveau dans le lit.
_ Malheureusement, non, dit Hugues en souriant ; continuant d'aiguiser son sabre.
Chapitre 4 : Les Grandes Plaines
Le petit matin arriva assez vite, et lorsque Claire se réveilla, Heos était en train de dormir, assis sur une chaise placée au pied du lit. Julien était en train de finir de préparer leur sac, alors que Hugues venait tout juste de rentrer, portant des habits de voyage et un long par-dessus. Il s'approcha doucement de Claire, réveilla Heos en donnant un petit coup de pied dans la chaise où il était assis.
_ Allez debout la marmotte, nous partons sur-le-champ ! Et la belle au bois dormant prendra son petit déjeuné sur la route... il y a une méchante meute de loups qui est arrivée tôt ce matin en ville. Et mon petit doigt me dit qu'ils ne sont pas très amicaux...
_ Comment se fait-il qu'ils nous aient localisés si vite ? Et si facilement ?, dit Heos en se levant, mettant son sac sur le dos ; prêt à partir sur-le-champ.
_ J'espère que vous n'utilisez pas de S.C. ou de génialisime ?
_ Non, nous n'avons aucun appareil électronique sur nous pour éviter justement de nous faire repérer, répondit Julien en finissant également de se préparer.
_ Ils sont en train de prendre leur petit déjeuné à la taverne... nous avons donc une heure pour mettre le plus de distance entre eux et nous, dit Hugues en regardant discrètement dehors s'il n'y avait personne.
_ Malheureusement, je ne pourrais pas suivre... partez sans moi, j'attendrez ici dit Claire à présent debout.
_ Ils vont vite comprendre que je n'ai pas respecté le pacte de neutralité en apprenant que j'ai acheté des vivres et du matériel de voyage. Restez ici également impossible.
_ Mais je ne peux pas me déplacer aussi vite que tu le voudrais...
Hugues s'approcha de Claire, glissa délicatement sur son dos. Claire devient toute rouge, se concentrant pour que son cœur ne s'emballe pas. Au même instant, Hugues la souleva et la mit sur son dos, utilisant son sabre pour la soulever.
_ Et bien, je le ferais pour toi, rétorqua Hugues en souriant. Laissez vos sacs ici, et ne prenez que de quoi boire...
Heos et Julien se dépêchèrent de retirer leur sac, ainsi que tout autre objet pouvant le gêner dans leur course. Hugues sortit le premier, suivit de Heos puis de Julien. Se faisant le plus discrets possible, ils se dirigèrent vers la lisière de la forêt. Une fois à l'abri des arbres, les yeux de Julien et de Hugues devinrent verts ; et le petit groupe aux pas de course se précipita en direction des Grandes Plaines.
_ Il nous faudra combien de temps avant d'arriver ?, demanda Claire qui rebondissait dans tous les sens sur le dos de Hugues.
_ En prenant par là, nous arriverons aux Grandes Plaines en cinq heures... mais il nous faudra le faire en une heure.
_ Hugues, j'ai peut-être la mémoire qui flanche... mais il me semble reconnaître la route qui conduit aux falaises, qui surplombaient le champ de bataille.
_ Tu as une bonne mémoire Julien. C'est le seul chemin qui nous conduira au plus vite aux Grandes Plaines...
_ Mais comment comptes-tu t'y prendre pour nous faire traverser plus de trente kilomètres de terrain escarpé et nous faire descendre plus de six cents mètres de dénivelé... le tout en un peu moins d'une heure...
_ Si je te le dis, il n'y aura plus aucune surprise
Ils coururent le plus vite qu'ils pouvaient, sans jamais s'arrêter ; ne prenant même pas une minute pour reprendre leurs souffles. Malgré le manque d'entraînement de chacun, tous suivaient le rythme sans broncher, suant à grosses gouttes. Claire, voyant que Hugues avait de plus en plus de mal à tenir le rythme, ouvrit sa gourde et le fit boire alors qu'il courait toujours de toutes ses forces. Puis, elle mit un peu d'eau dans sa main et s'en servit pour rafraîchir la nuque de son ami. Elle referma la gourde, puis la lança à Julien, qui la rattrapa et but une grosse gorgée d'eau. Une fois sa soif étanchée, il passa la gourde à Heos, qui d'un trait finit la gourde. Il lança d'un geste la gourde, mais s'arrêta net lorsqu'il entendu l'écho de la gourde qui tombait.
_ Qu'est-ce qui se passe ?, demanda Hugues en voyant que Heos observait avec attention l'horizon.
_ Nous sommes suivis...
_ Ils ont dû partir quelques minutes après nous... et nous n'avançons pas aussi vite que je l'espérais.
_ Qu'est-ce que nous allons faire à présent ?
_ Pas de panique Claire. Une fois ce col passé, nous sommes arrivés au niveau du plateau, répondit Hugues en reprenant sa course.
_ Dépêchons-nous, dit Julien en suivant de très près Hugues, faisant signe à Heos de se dépêcher de les suivre.
Au bout de quelques efforts, ils arrivèrent enfin aux bords du plateau surplombant les Grandes Plaines. Il s'agissait là, de la frontière naturelle marquant le début du no man's land entre la nouvelle civilisation humaine et la nouvelle civilisation Atlante. Mais contrairement à ce que tous pouvaient s'imaginer, les Grandes Plaines qui avaient été le champ de bataille le plus violent et le plus meurtrier de l'histoire de ce monde, étaient à présent un territoire en friche. Les restes des millions de soldats humains et le souffre des restes des millions d'Atlantes morts ici, avec l'aide des fortes pluies qui suivirent la fin de la bataille, le tout avait pénétré les couches sédimentaires les plus profondes ; faisant que la terre était devenue d'une fertilité inimaginable. On y trouvait en grande majorité du blé sauvage, poussant entre les hautes herbes et autres petits arbustes ; mais également les reliques de la bataille des Grandes Plaines. Des centaines de millions d'hectares, qui s'ils étaient semés, pourraient alimenter en céréale des milliards de vies et permettre un développant majeur de l'élevage. Mais personne sur cette terre, humain ou Atlante, n'était assez fou pour se rendre sur ce cimetière géant et encore moins l'exploiter. Le plateau même où ils se trouvaient, avait été le dernier QG de l'armée humaine. Il y avait encore des tables, ainsi que des chaises, complètement pourries avec le temps ; ainsi que des centaines de caisses de munitions et des armes rangées soigneusement. Hugues, déposa Claire par terre, se remettant le dos en place dans un énorme craquement, alors que Julien fouillait pour voir s'il n'y avait pas quelque chose d'utile à récupérer pour les aider. Heos scrutait les horizons, suivant du regard quelque chose encore d'imperceptiblement pour les autres membres du groupe.
_ Tout est complètement rouillé... plus rien n'est utilisable, dit Julien en jetant par terre une vieille mitrailleuse par terre.
_ Ils se rapprochent à vive allure vers nous, dit Heos en commençant à émettre des petits grincements au niveau de son bras droit. Et maintenant, nous faisons quoi ?, demanda Heos.
_ Et bien ça va de soi, on saute !
_ Si tu veux te suicider, libre à toi de le faire...
Hugues se baissa, soulevant le couvercle d'une vieille caisse, pour laisser apparaître un petit moteur relié à une sorte de câble. Il appuya sur un petit bouton sur le moteur, le mettant en marche. Le câble commença à se tendre, créant une tyrolienne allant jusqu'aux Grandes Plaines.
_ Tu vois le mal vraiment par tout junior, rétorqua Hugues en mettant de nouveau Claire sur son dos. Accroche-toi bien... parce que ça risque de secouer, dit-il en retirant sa ceinture de cuivre, et la faisant passer sur le câble.
_ Je me doutais bien que tu cachais quelque chose, dit Julien se retirant également ça ceinture.
_ J'espère par contre que le moteur ne nous lâchera pas en cours de route...
_ Tu es bien sûr de toi Hugues ?
_ Claire, tu me connais.
_ Mais je ne suis pas si sûr que soit une très bonne idée...
_ Nous n'avons plus le temps pour ça, ils se rapprochent dangereusement de nous...
_ Si Heos le dit...
Hugues se prévenir Claire, se jeta dans le vide. La pauvre sera de toutes ses forces Hugues, fermant les yeux pour éviter d'avoir peur. Le vent dans ses cheveux et sur son visage était frais, et cette sensation de vitesse était des plus plaisante. Elle en oublia durant les quelques secondes de descendantes tous ses problèmes, tous ses malheurs, profitant pleinement de cette sensation plaisir et e liberté. Mais ce sentiment ne dura pas longtemps, des coups de feu provenant du haut du plateau retentirent dans toute la plaine. Lorsque Hugues et Claire arrivèrent au sol, Heos et Julien étaient en train de finir leur descente sous le feu nourri de plusieurs personnes dont il était impossible de voir le visage.
_ Aidez-les !, s'exclama Claire en voyant que Hugues ne faisait absolument rien pour aider leurs camarades.
_ Le pistolet que j'ai sur moi date de la Grande Guerre... ils sont bien trop loin pour que je puisse leur tirer dessus, dit calmement l'ancien militaire en sortant doucement son sabre ; ne quittant pas des yeux la descendante de ses deux camarades. Mets-toi à l'abri, tu risques de te prendre une balle perdue, dit-il en voyant plusieurs tirs se loger à leurs pieds.
Vraiment efficace ces armes...
Et lorsque ceux-ci arrivèrent à environ deux mètres du sol, Hugues dégaina son sabre d'un geste, coupant le câble net. Julien et Heos tombèrent lourdement au sol, alors que les tireurs étaient déjà en train de chercher un autre chemin pour atteindre les Grandes Plaines.
_ Tu aurais pu attendre que l'on soit arrivé avant de couper le câble !, s'exclama Heos en se relevant doucement.
_ Il fallait les retarder, dit Hugues en aidant Julien à se relever. Pas de bobos ?
_ Non. Mais ils tiraient un peu trop bien pour des amateurs...
_ Des agents de la Ville... sans aucun doute des anciens militaires comme nous.
_ Dépêchons-nous alors, car ils ne seront pas longs à nous rattraper. Heos tu porte Claire, j'ai le dos en vrac. Julien, tu fermes la marche.
Le petit groupe reprit son chemin, courant le plus vite qu'il pouvait. Hugues semblait bien savoir où aller, malgré la végétation flamboyante qu'il y avait. Ils marchèrent le plus vite qu'ils purent, sentant sous chacun de leur pas des craquements d'os ou des grincements de vieux métaux. Deux heures, peut être trois s'écoulèrent avant qu'enfin, apparaissant de nulle part une petite barrière en bois entourant un magnifique champ où était planté légumes, fruits, céréales. Il y a avait également de nombreux animaux, vaches, cochons, chiens, poulets ou encore lapins. Au bout d'une grande allée de petits cailloux blancs, se trouvait une grange ainsi qu'une petite maison de briques, paraissant des plus coquettes. Les nombreuses lampes accrochées et petits boitiers indiquaient qu'il y avait un système électrique, mais surtout un système d'alarme. Un air de paix et de tranquillité flottait sur les lieux, alors que le petit groupe traversait tranquillement le champ de blé pour se rendre à la maison.
Claire demanda à Heos de la déposer par terre, contemplant autour d'elle ce petit bout de paradis qui semblait hors du temps. Une ombre regardait par la fenêtre, puis quelques instants plus tard, la porte de l'habitation s'ouvrit ; le propriétaire des lieux attendant sur son seuil.
_ Et bien, autant de vieux visages réunis dans mon domaine, cela ne présage rien de bon, dit l'homme en s'approchant du groupe, cigarette à la bouche.
_ Toujours en train de fumer ces cochonneries !, s'exclama Hugues en serrant la main de son ancien ami. On a tous nos petits défauts, mon cher Hugues, mais toi, tu sembles toujours aussi porté sur la boisson... si je me fis à l'odeur qui se dissimule sous ton haleine.
_ Disons que je ne prive pas de certains plaisirs de la vie.
_ Et toi Julien, tu as l'air d'être en forme malgré ton apparence...
_ Non, mais j'ai retrouvé mes cheveux depuis la dernière fois.
_ Alors Claire, je vois que le temps t'embellit.
_ Par contre toi, tu as bien changé... sans être impolie.
_ Tu sais, contrairement à vous, je n'échappe malheureusement pas aux temps, répondit l'homme en écrasant sa cigarette sous son pied. Heureux de te revoir aussi, Heos.
_ Le sentiment est partagé. Mais tu dois te douter de la raison de notre visite, Fabrice.
Soudain, plusieurs coups de feu retentirent, suivis de hurlement. Venant de quelque part au loin. Les hurlements glacèrent le sang Claire, et un silence pesant s'en suivit.
_ Et bien, on dirait que vous n'êtes pas mes seuls visiteurs aujourd'hui... je n'avais pas prévu ça, extraordinaire, dit Fabrice en allumant une autre cigarette, invitant ses anciens amis à le suivre jusque chez lui. Ne vous inquiétez pas, vous ne risquez plus rien à présent.
Chapitre 5 : Le Démon
Lorsque Julien entra en dernier dans la maison de Fabrice, que ne fut pas sa surprise en voyant que l'extérieur n'avait absolument rien à voir avec l'intérieur. Le sol était recouvert d'un magnifique parquet de bois, les murs d'une blancheur sans égal. Il y avait un sofa avec une petite table basse devant, une cuisine à l'américaine, une grande table avec huit chaises autour. Il y avait deux escaliers, l'un descendant dans ce qui semblait être une cave alors que l'autre montait en direction d'une mezzanine servant de chambre à coucher, où un grand lit avec de magnifiques draps était disposé. Il y avait également une salle de bains disposant d'une douche et d'une baignoire, ainsi que des toilettes. La maison ne semblait manquer de rien, électricité, eau courante, chauffage, et même égout.
_ Je vois que tu ne te prives de rien !, s'exclama Hugues en sautant sur le sofa, mettant ses pieds sur la table basse. J'en avais presque oublié la sensation...
_ Fais attention à ne pas renverser le cendrier juste à côté de tes pieds, dit Fabrice en commençant à préparer du café pour ses invités.
_ Tu as même une cafetière ! Je te préviens ce soir je prends le lit du haut après avoir pris un bain dans cette somptueuse baignoire !
_ Et bien, je n'aurais jamais cru un jour pouvoir revoir une telle maison, dit Julien émerveillé par la maison de son ancien ami.
_ Disons que bâtir une maison est mille fois plus simple que de créer un bouclier déflecteur ou encore un canon à pulsion plasma, répondit Fabrice en rangeant à présent les chaussures de ses amis dans un petit meuble juste à côté de l'entrée. Au fait, tiens ! C'est pour toi.
Fabrice avait bien changé depuis la dernière fois où il avait rencontré la jeune fille. Portant toujours des lunettes, le regard toujours aussi sombre et déshumanisé, il avait pourtant un visage chaleureux et une voix très douce, malgré les nombreuses cigarettes qu'il fumait par jour depuis plus de quinze ans. Lors de la Grande Guerre, l'impossibilité de fixer le QG des forces humaines, empêcha la poursuite des recherches en armement. On utilisa alors les capacités intellectuelles de Fabrice au centre de commandement. Il avait lui aussi été de toutes les batailles, dirigeant les opérations du QG de campagne. Il était également là lors de la bataille des Grandes Plaines, comprenant rapidement qu'aucun des deux camps ne gagnerait, il inventa sa dernière invention : le catalyseur, une sorte de cache-œil permettant aux soldats de ne plus utiliser leur mutation, et de vivre comme un homme normal.
_ Je pense que tu aimerai bien reprendre un peu forme humaine Claire, dit Fabrice en l'invitant à utiliser sa salle de bain. Prends tout ton temps, les serviettes se trouvent dans cette petite armoire, le gel douche et autres produits de beauté son juste là.
_ Merci Fabrice... mais, en fait si je suis venu te voir c'est ..., dit Claire quelque peu hésitante.
Fabrice sortit alors de sa poche un petit flacon de verre fermé, contenant des gélules. Il n'y avait aucune étiquette ou marquage dessus, s'agissant sans doute d'une fabrication artisanale.
_ Il s'agit d'une drogue artisanale : un mélange quelque peu spécial qui fait que les battements de ton cœur resteront en dessous de 60, même si tu fais un effort ou bien que tu utilises tes pouvoirs. Par contre, tu ne dois en aucun cas utiliser pleinement tes pouvoirs... cette drogue est peut-être efficace, mais elle a ses limites. Tu peux prendre plus deux doses par jour, mais pas plus : ils pourraient y avoir des effets secondaires assez regrettables sur ton organisme.
_ Merci, Fabrice, dit son ancienne camarade de classe, en ayant les larmes aux yeux.
_ Allez, dépêche-toi de prendre ton médicament et prends ton temps pour te faire belle pour le repas, dit-il avant de fermer la porte de la salle de bain.
_ La quantité est trop peu suffisante..., dit Heos en n’ayant rien raté de la scène.
_ Je travaille sur cette drogue depuis un certain moment, et je pense que cinquante-huit cartons, contenant chacun dix mille unités devraient être plus que suffisants, répondit Fabrice en souriant. Je vous attendais depuis un certain moment...
_ Heos, tu devrais également te reposer. La route a été longue pour venir jusqu'ici, dit Julien en commençant à retirer ses différentes couches de vêtements.
_ Mon Dieu ! Tu es le second à passer sous la douche ! Parce que là... Et tu rinceras bien la douche après !
_ Disons que mon mode de vie ne me permet pas pouvoir goûter aux joies de la douche à tout instant...
_ Je vais te donner des vêtements, mais je pense qu'il serait plus judicieux de brûler tes aillons, plutôt que de les passer à la machine.
_ Parce qu’en plus tu as une machine à laver ! Moi qui me casse le dos à chaque fois avec cette planche et le savon... le monde est vraiment injuste.
_ Vous parlez de choses futiles, alors qu'il y a eu, il y a quelques instants, des coups de feu... sans doute nos poursuivants, s'exclama Heos en voyant que personne ne semblait faire attention au danger qui les guetté.
_ Arrête de paniquer pour rien junior !
_ Il a raison, Fabrice nous a bien dit que " que ne risquons plus rien à présent ".
_ Et je n'ai pas menti, dit le maître des lieux en servant des tasses chaudes de café à chacun, avec des petits gâteaux. Bois donc ta tasse et repose-toi sur tes deux oreilles, les gens qui vous suivaient doivent être à présent morts...
_ Comment peux-tu être aussi affirmatif ?
_ Il est devenu quelque peu soupe au lait avec le temps...